D' origine végétale ou animale les matériaux isolants naturels

Publié le par soleil-vert-65

Isoler avec des plumes de canard ?


D'origine végétale ou animale, les matériaux isolants naturels sont, pour certains, aussi performants que les traditionnels. Leur utilisation commence, enfin, à se développer en France.

 

Grâce à la prise de conscience environnementale des consommateurs, les matériaux isolants à base de fibres végétales ou animales sortent de la marginalité. S'ils ne représentent encore que 2 % du marché de l'isolation (contre 5 % chez nos voisins allemands), ils se développent rapidement en trouvant différents champs d'application en construction neuve comme en rénovation(murs, planchers, toitures). « Laine de mouton, plumes de canard, ouate de cellulose... les références se multiplient. Cette effervescence traduit non seulement l'intérêt des professionnels, mais aussi celui des consommateurs », explique Bernard Abraham, responsable de la division hygrothermique au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Résultat : leur commercialisation commence à se généraliser.


Pourquoi choisir un isolant naturel ?

En plus du confort thermique qu'ils apportent,les isolants naturels d'origine animale ou végétale ont un faible impact sur l'environnement et la santé des occupants. En effet, leur fabrication nécessite peu d'énergie et ils n'émettent aucun gaz toxique lors de leur combustion.

 


Sont-ils aussi performants que les matériaux traditionnels ?

Comme celle des laines minérales et du PSE (polystyrène expansé ou extrudé), la performance thermique des isolants naturels est fonction de leur coefficient de conductivité thermique, appelé lambda. Celui-ci est exprimé en watts par mètre carré et par degré Celsius (W/m².C) ou Kelvin (W/m².K). Plus le coefficient est faible, plus le matériau est isolant. L'efficacité de l'isolant varie selon l'endroit où il est posé. Certains, comme le chanvre, affichent une performance semblable à celle des matériaux traditionnels.


Bénéficient-ils de certifications ?

L'organisme Acermi* a mis au point une certification garantissant leur performance. Cette certification classe les matériaux en fonction de 6 critères : résistance thermique, incompressibilité, comportement mécanique, stabilité dimensionnelle, comportement à l'eau et aux transferts de vapeur d'eau. 25 isolants sont certifiés, dont le liège, la fibre de bois, la laine de bois... Vous pouvez aussi vous référer aux avis techniques (AT) du CSTB. 12 avis ont déjà été attribués, notamment au chanvre, au coton, à la ouate de cellulose, à la laine de mouton, etc. Cette certification permet d'obtenir une garantie décennale, nécessaire en cas d'incendie par exemple.


Craignent-ils l'humidité ?

Les isolants naturels d'origine végétale supportent mal la présence d'humidité permanente. Il est donc conseillé de ne pas les installer au contact de parois humides. S'agissant de murs anciens, si vous ne parvenez pas à régler le problème d'humidité, il faut conserver une lame d'air ventilée entre la paroi et l'isolant. Pour lutter contre la vapeur d'eau (contenue dans l'air chauffé), on préconise l'application d'un pare-vapeur. En revanche, le liège (sous forme de panneaux de 0,50 x 1 m) convient aux pièces soumises à l'humidité, comme le sous-sol ou la cave, les pièces enterrées et les murs attenants.


Sont-ils résistants aux rongeurs ?

Que les isolants soient naturels ou non, les rongeurs les apprécient tous, ce qui engendre des tassements et des effritements. Il est donc recommandé de bien protéger les aérations, et de boucher efficacement les jonctions entre les murs et les toitures.

 


Quels sont les produits les plus adaptés pour isoler les murs intérieurs ?

La solution la plus simple consiste à coller ou à plaquer sur les parois des panneaux rigides (liège expansé, paille, laine de bois). Il est également possible d'appliquer des panneaux semi-rigides de laine de chanvre, de lin, de cellulose ou de plumes de canard. Dans ce cas, les panneaux seront glissés dans les montants des ossatures. Alternative : l'insufflation sous pression d'isolant en vrac à travers le panneau de parement. Vous pouvez utiliser de la laine (de bois, de chanvre) ou des granules de l iège expansé... Enfin, certains isolants en vrac (comme la laine de cellulose) peuvent être appliqués par projection humide sur les parois. Après séchage, on pose des panneaux de parement, puis on réalise la finition.

Ils peuvent aussi être efficaces contre les bruits dits aériens (comme la voix ou la musique) et les bruits d'impacts (les pas sur un parquet, les chocs). On peut s'en servir pour isoler le plancher. Selon la nature de ce dernier, vous pourrez déverser ou insuffler directement de la laine (de cellulose, de bois, de lin, etc.) à l'intérieur du plancher. Autre choix : l'application, sous la finition (parquet, carrelage), de panneaux de laine (bois, lin), de rouleaux de chanvre ou de laine de mouton.


Quelles finitions peut-on appliquer ?

Comme pour un isolant traditionnel, on applique des parements (type Fermacell), sur lesquels on pose la finition de son choix (peintures, etc.). Mais certains isolants peuvent recevoir directement des enduits décoratifs naturels. C'est le cas de la fibre de bois, sur laquelle vous pouvez appliquer une couche d'accroche à la chaux. Ensuite, vous pouvez lisser simplement la chaux, blanche ou colorée, ou appliquer un enduit couleur terre, ou encore une peinture, naturelle de préférence (Biofa, Auro...). Enfin, certains isolants, comme le béton de chanvre (mélange de chaux, de chanvre et d'eau), ne nécessitent pas l'ajout d'une finition. On projette l'isolant sur le mur manuel lement ou mécaniquement (société CTC). Celui-ci présente alors l'aspect d'un enduit de couleur grise, qui peut être teinté. En plus d'une bonne isolation thermique, le béton de chanvre permet ainsi de restaurer les vieilles bâtisses sans faire disparaître les détails architecturaux (charpentes).

* Acermi : Association pour la certification des matériaux isolants.

Par : Nathalie Soubiran.
L'Express

 


 

 

 

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