Grippe A : l'état de pandémie mondiale déclaré
La France laisse entendre qu'elle restera en phase 5 pour le moment.
La grippe A reste plus menaçante que jamais. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a en effet relevé son niveau d'alerte sur la grippe porcine au niveau 6 (le plus grave), ce qui correspond à une pandémie mondiale. L'OMS réunissait jeudi son comité d'urgence compte tenu de la propagation du virus A (H1N1) qui a fait près de 28.000 malades et 141 morts dans 74 pays touchés après son apparition au Mexique et aux Etats-Unis fin mars. Elle prévient que les pays ayant connu une activité importante du virus A (H1N1) devaient s'attendre à une deuxième vague, d'autant que le virus circulera dans le monde pendant «un à deux ans».
Pour prendre sa décision, l'organisation attendait d'avoir des preuves que le virus se propageait bien localement dans une région autre que le continent américain, critère géographique retenu pour déclencher la phase 6. Il s'agit de la première pandémie déclarée depuis plus de 40 ans par l'organisation dont le siège est à Genève. Un gros bémol toutefois : l'OMS, qui qualifie cette pandémie de «modérée», ne recommande pas de restriction de mouvement des personnes, des biens et des services malgré ce niveau 6. Elle a simplement demandé jeudi aux laboratoires pharmaceutiques de «s'atteler rapidement» à la production de vaccin contre le virus, «dès qu'ils terminent la production de vaccin contre la grippe saisonnière».
La situation en France ? Pour l'instant, rien ne change. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a laissé entendre que la France ne relèverait pas son niveau d'alerte et resterait en phase 5. «Avec 73 cas répertoriés de grippe A, la France peut rester au niveau 5A, mais nous prendrons la décision formellement» vendredi lors d'une réunion de la cellule interministérielle de crise, a-t-elle expliqué jeudi à la presse, en marge d'un forum citoyen sur la bioéthique.
Un plan anti-pandémie grippale.
Rédigé par le Secrétariat général de la défense nationale, un service qui dépend de Matignon, ce document suggère pour chaque niveau d'alerte (sept en tout) une cinquantaine de mesures. L'adoption de ces dispositions est ensuite validée au cas par cas par une cellule interministérielle de crise.Si elle devait finalement passer en phase 6, la France pourrait être amenées à prendre des mesures très contraignantes pour la population : contrôles des frontières, arrivées et départs internationaux de passagers interrompus, port de masques chirurgicaux par les malades, droit de visite limité dans les hôpitaux, transports en commun restent à quai, fermeture des établissements scolaires...
«Passer en phase six signifie que la propagation [du virus] continue... mais ne signifie pas que la gravité de la maladie a augmenté», a expliqué le Dr Fukuda. De fait, la mortalité du virus s'est révélée jusqu'à présent à peu près équivalente à celle de la grippe saisonnière (0,1%), en dehors du Mexique (0,4%), alors que celle de la grippe aviaire est de 60%. Mais le virus devrait muter et pourrait se combiner avec une souche plus virulente, ouvrant la voie à des scénarios beaucoup plus pessimistes, craint l'OMS. Malgré tout, l'organisation se veut rassurante, répétant à l'envie que le monde n'a jamais été aussi bien préparé à une pandémie de grippe.
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge «doivent être mobilisées à travers le monde entier et se préparer à répondre» à la pandémie de grippe porcine, a néanmoins annoncé la Fédération internationale de la Croix-Rouge dans un communiqué.
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