Changement climatique, le débat fait rage aux Etats-Unis
Environnement
Alors que la nouvelle administration Obama a pris le parti d’en finir avec la politique de l’autruche pratiquée par ses prédécesseurs à propos du changement climatique, le débat fait rage aux Etats-Unis entre fustigateurs et défenseurs du plan climat américain. La question est essentielle car les choix des Etats-Unis décideront en grande partie de l’allure de l’accord international sur le climat qui doit succéder à Kyoto et doit être signé lors de la conférence mondiale sur le Climat (COP 15) qui aura lieu à Copenhague au mois de décembre de cette année.
Adopté fin juin par la Chambre des représentants le plan doit encore être voté par le Congrès. Il vise à réduire les émissions de CO2 tout en créant des emplois verts et en diminuant la dépendance envers les sources d'énergie étrangères. Face à ce plan, on trouve certains sceptiques dont Sarah Palin, pourtant gouverneur de l’Etat peut être le plus touché par le changement climatique, l’Alaska [1] . Selon elle, en rendant l’énergie plus rare et plus chère, ce plan constitue une « menace considérable pour l’économie américaine ». L’alternative qu’elle propose à ce plan est de se lancer dans davantage d’exploitation pétrolière et l’utilisation des sources d’énergie domestique sous prétexte notamment que celle-ci se fait de manière plus propre qu’à l’étranger.
Face à ces arguments douteux, les défenseurs du plan rappellent d’abord que l’inaction aura des conséquences bien plus lourdes que le coût de l’action, pour l’économie comme pour la sécurité du pays. De même, il ne faut pas oublier que ce plan sera aussi bénéfique pour l’emploi puisque les secteurs de l’énergie propre sont en effet beaucoup plus intensifs en emploi que les secteurs énergétiques traditionnels. Le plan prévoit de nombreuses mesures de justice sociale face à l’effort climatique. L’appel à de nouvelles explorations, plutôt qu’à une politique climatique ambitieuse ne va pas du tout dans le bon sens. Non seulement cela créera de nouveaux risques de pollutions dans des zones généralement très sensibles écologiquement comme typiquement, en Alaska, mais cela fera prendre un retard supplémentaire face à l’urgence climatique qu’on ne peut pas se permettre.
Le vote de ce plan par la chambre a été une grande victoire politique et il faudra beaucoup d’énergie pour le faire valider par le congrès. Mais ce plan reste bien en deçà des préconisations des scientifiques et ne permettra pas la réduction nécessaire de concentration de C02 dans l’atmosphère. Historique, ce plan doit toutefois n’être qu’un premier pas vers des objectifs bien plus ambitieux et qui soient cohérents avec la science. Espérons que le débat avance dans le bon sens d’ici à Copenhague.