Vautours. Les éleveurs dénoncent des attaques

Publié le par soleil-vert-65

Environnement

Vautours. Les éleveurs dénoncent des attaques.

Polémique autour du nécrophage.
Diaporama.

Lundi s'est tenue, à Argelès, une réunion d'éleveurs à l'appel de Marie-Lise Broueil. Absente pour cause de deuil familial, elle a été remplacée par Bernard Moules pour conduire les débats. Outre les éleveurs, étaient présents des vétérinaires, en particulier ceux du GTV (Groupement technique vétérinaire), chargés des expertises. D'entrée de jeu, le ton était donné : « Nous ne voulons pas la destruction du vautour. Je le dis parce que la presse est là », a affirmé Bernard Moules.
Pourtant, l'intitulé de la réunion ne pouvait prêter à confusion : « Halte aux vautours ». Si la destruction n'est pas demandée, du moins pas devant la presse, l'attaque en règle n'a pas tardé : « Nous voulons être tranquillement chez nous. Et nous ne voulons pas subir, après une bête à poils, une autre bête à plumes. Maintenant, les vautours attaquent, ils ont évolué en devenant prédateurs et le problème vient de la surpopulation. » Vrai pour la surpopulation, répondent les vétérinaires et les scientifiques (voir ci-dessous), faux pour le reste.
En préambule de la réunion, ont été diffusées, par le présentateur du moment, Louis Dollo, quelques vidéos, hors de leur contexte sauf une, portées à charge, histoire de chauffer à blanc des esprits déjà bouillonnants. Prenant pour argent comptant les images, pourtant démolies par les vétérinaires présents, les éleveurs qui assistaient à la réunion, se sont arc-boutés, tirant à boulets rouges sur le GTV : « Vous êtes qui pour affirmer qu'ils n'attaquent pas ? Dites-le qu'ils attaquent, et on n'en parle plus ! » Ensuite, sur les associations environnementales, Nature Midi-Pyrénées en particulier : « Ces gens-là vous disent n'importe quoi, s'est enflammé Bernard Moules. Ce ne sont que des profiteurs, qui sont payés pour du sensationnel et du sentimental. Ce sont des idéologistes, qui veulent vous faire croire n'importe quoi. Il faut refuser de les recevoir ». Au fond de la salle, un éleveur ironise : « Si, il faut les recevoir : comme les vautours, avec le fusil ! » Les éleveurs n'en démordent pas : les vautours attaquent.
«Photographiez tout!»
« Ceux qui vous disent que ce n'est pas possible scientifiquement nous prennent pour des idiots ! »
Quant au principe d'une assurance, les éleveurs ne veulent pas en entendre parler : « Ce serait admettre le risque. Ce que nous voulons, c'est un dédommagement ». La riposte des éleveurs sera médiatique : « Munissez-vous d'appareils photo et photographiez tout. Ensuite, balancez les photos partout. C'est comme ça qu'on les aura ».
Le classement du vautour fauve en tant que prédateur a été également demandé par les éleveurs : cela signifie la possibilité de le tirer à loisir. Mais personne ne veut sa destruction… Au fait, qui est le plus nuisible pour le pastoralisme : le vautour ou le mouton néo-zélandais et le bœuf polonais ?
H.D. pour La Dépêche



Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article