Les algues vertes, plaintes regroupées

Publié le par soleil-vert-65

Algues vertes toxiques :

plaintes regroupées au parquet de Paris.



Le parquet de Paris va regrouper l'ensemble des plaintes relatives à la toxicité des algues vertes en décomposition en Bretagne au sein du pôle de santé publique.
"L'ensemble des plaintes est centralisé au pôle santé publique du parquet de Paris qui procède à une analyse juridique, scientifique et technique et décidera des suites à donner", a précisé une source judiciaire.


300 plaintes déposées
Environ 300 plaintes ont été déposées au tribunal de Guingamp contre le préfet des Côtes d'Armor notamment pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui.
Parallèlement, le propriétaire du cheval mort fin juillet sur une plage des Côtes-d'Armor a déposé plainte contre X, notamment pour violence involontaire par manquement à une obligation de sécurité, auprès du pôle santé publique du parquet de Paris.
Cette affaire avait entraîné la visite du Premier ministre François Fillon à Saint-Michel-en-grève en août et la reconnaissance par les pouvoirs publics de la toxicité des algues vertes en décomposition.
Par ailleurs, le parquet de Saint-Brieuc avait ouvert une enquête préliminaire début septembre après le décès suspect fin juillet d'un salarié qui transportait des algues vertes dans les Côtes-d'Armor.

Algues vertes : le sang du camionneur n’a pas parlé

Du sang avait été prélevé au décès du camionneur qui transportait des algues vertes le 22 juillet à Lantic (Côtes-d’Armor). Ce prélèvement vient d’être analysé afin de savoir si le sang de la victime contenait dl’hydrogène sulfuré (H2S), généralement généré par les algues vertes quand elles se décomposent. Selon nos informations, un résultat partiel indique la présence de ce gaz. Problèmee  : ce résultat n’est pas interprétable en l’état car le corps humain, comme tout organisme qui se dégrade, produit également du H2S. Pour les mêmes raisons, une autopsie n’apporterait pas forcément de conclusion plus probante. Interrogé, le parquet de Saint-Brieuc indique : « Il semblerait qu’il y ait de l’hydrogène sulfuré dans le sang, mais rien de précis. Cela ne permet de rien conclure, tout est possible. » Tandis que dimanche se profile une manifestation sur une des plages d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc. Une des communes costarmoricaines les plus polluées par la prolifération d’algues vertes.

Source : Ouest-France



Accablant. Le constat dressé par le Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne est sans appel.Tant pour les causes de la pollution que, surtout, pour les carences de l'État.
Ouest-France : Alain Baert, toxicologue ; Pierre Aurousseau, président du CSEB ; Nathalie Hervé-Fournereau, juriste ; Philippe Le Goff, économiste ; Alain Menesguen, directeur de recherche à Ifremer.* Pierre Aurousseau, professeur à Agrocampus : « Les algues vertes ne doivent pas être l'arbre qui cache la forêt, il ne faudrait pas oublier tous les autres phénomènes d'eutrophisation des eaux. Leurs causes sont connues depuis vingt ans, toutes les mesures prises sont restées inefficaces : ces désordres doivent être traités à la source, de manière préventive. »
* Alain Menesguen, directeur de recherche à Ifremer : « La lutte contre les phosphates n'a été qu'un placebo coûteux et inutile, seuls les nitrates d'origine agricole sont en cause. Les fuites d'azote des bassins versants bretons sont, de 3 à 5 fois supérieures à la normale : 33 mg/l d'eau en moyenne. Je suis formel : pour être efficaces et suivies d'effets sensibles sur les marées vertes, les teneurs en nitrates doivent être ramenées en dessous de 10 mg/l. Le Guillec, dans le Léon, rejette à la mer 97 kg d'azote par hectare et par an. À rapprocher de la Seine, 11 kg, et du Mississipi, 6 kg... »
* Alain Baert, toxicologue et médecin légiste au CHU de Rennes : « Ces algues en putréfaction dégagent un gaz hautement toxique, l'hydrogène sulfuré, bien connu des égoutiers. Le risque est certain pour le public comme pour les ouvriers ramasseurs. Les détecteurs sont inutiles : aux valeurs constatées, l'écroulement de tout être vivant est instantané. Les masques à gaz sont indispensables. Stocker ces algues pour en faire du compost, c'est tout aussi dangereux. Quant à autopsier la dépouille de l'ouvrier décédé, une initiative totalement inutile deux mois après les faits... »
* Nathalie Hervé-Fournereau, juriste chercheur au CNRS : « L'appareil juridique existe pour assurer la protection du public et des travailleurs, il n'a pas été respecté. C'était un choix politique, nous payons désormais cette inertie. Au fil des règlements et lois bafoués depuis dix ans, la situation est devenue pathologique : la France est sous le coup de multiples condamnations. Une commission interministérielle a été nommée par le gouvernement ? Très bien, mais il y en a déjà eu une en 1999... »
* Philippe Le Goffe, économiste, professeur à Agrocampus : « Les dommages économiques provoqués par les algues vertes menacent toute la vocation touristique et résidentielle de la région. Les aides publiques versées en Bretagne aux professions agricoles s'élèvent à un milliard d'euros. Effet pervers, ces subventions confortent la filière dans une apparence de rentabilité économique. Pire, la multiplication des réglementations paralyse le secteur de l'élevage. En vain : normes insuffisantes, contrôles inefficaces, principe pollueur-payeur non appliqué. »
24 scientifiques indépendants. Créé par le Conseil régional voilà quinze ans, le Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne est composé des 24 meilleurs scientifiques de ce domaine. Régulièrement saisi sur la question de la qualité des eaux, il donne ses avis en toute indépendance. L'intégralité de son rapport est consultable sur www.cesb-bretagne.fr
Christophe VIOLETTE.

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