Répit d'un mois pour les ours d'Ariège
Un imbroglio juridique se joue en Ariège autour de l'ouverture de la chasse et de ses risques potentiels pour les ours vivant dans le département. Le 17 septembre, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu l'ouverture de la chasse prévue le 20 septembre car elle n'épargnait pas deux espèces menacées de coqs de bruyère et que l'arrêté d'ouverture ne prévoyait "aucune mesure de protection de l'ours s'appliquant à la chasse en battue". Le tribunal administratif a donné un mois au préfet pour "prendre des mesures de protection de l'ours".
Problème, les interprétations de l'arrêté administratif varient du tout au tout entre les associations écologiques et les chasseurs, avec une préfecture qui peine à jouer les arbitres. Les associations écologistes se sont réjouies de la décision du tribunal.
Vendredi 25 septembre, dans un communiqué commun d'une dizaine d'organisations dont le CEA et France Nature Environnement (FNE), elles notent que "la disparition du grand tétras et du lagopède alpin est enfin prise au sérieux", et "se félicitent de la reconnaissance par le juge du caractère perturbant des battues" pour l'ours et du "risque de blessure ou de mort accidentelles induit par ces modes de chasse".
Du côté des chasseurs, le son de cloche n'est pas le même. Dès la décision du tribunal connue, les associations de chasseurs ont menacé de manifester le 3 octobre à Foix. L'Addip (Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées), qui regroupe les opposants à la réimplantation d'ours, a en outre dénoncé les "idéologues de l'ensauvagement". "Halte à la volonté des associations conservationnistes de s'approprier les Pyrénées aux dépens de leurs habitants et de leurs élus", s'est-elle exclamée.
Devant cette levée de boucliers, la préfecture a relativisé vendredi la portée de la décision du tribunal, en soulignant que "la chasse des autres gibiers est maintenue". Elle assure aussi après avoir consulté le tribunal que "la chasse en battue reste autorisée (...) l'ordonnance ne visant que l'absence de mesures de protection de l'ours, et non la chasse en battue elle-même".
Selon la préfecture, le tribunal administratif "rendra un jugement interprétatif de son précédent jugement" mardi 29 septembre.